... un petit garçon non désiré qui portait alors dejà sur ses épaule le lèg de la colère, du refoulement et de la déception... ses parents, poussés par les conventions et le sens ses responsabilités s'unirent sans amour, essayant de faire contre mauvaise fortune bon gré.. mais le fardeau était lourd pour chacun et les frustrations auréolaient de noir un quotidien mal embrungué...On essaya tout de même d'y mettre de la joie, de vivre sa vie, on se soucia des apparences puisque l'on négligeait le fond depuis longtemps déjà et on lui fit de petits frère et soeur... Mais malgré leurs efforts, ses "repères humains", victimes de leurs bases branlantes, pataugeaient sous ses yeux... Aussi développa-t'il une nature inquiète qu'il tenta d'etouffer mais qui lui fit maintes fois ombrage et obstacle sur la route de son expérience personnelle et le confinèrent trop souvent dans des routines sécurisantes...

Pourtant l'appel de l'aventure, d'une vie libre et joyeuse ainsi qu'une fibre créative sourdaient en lui, étaient lui... il ne pouvait encore le voir, l'entendre, s'en croire capable. Sa trop grande sensibilité le fragilisait et il se créa tant bien que mal une vie d'où, pourtant, il s'évadait par l'imaginaire..

Il grandissait et sa force de vie naturelle lui faisait voir le beau au-delà du moche. Il cherchait au-dehors ce qu'il ne trouvait dans le nid familial. Il dépassait tant bien que mal ses complexes et finit par se créer des rôles, des personnages qui lui permettaient de faire face à tout celà au mieux. Il s'y identifiat progressivement. Alors "Don-Juan" se bastonnait avec "Pierrot la lune" !

Comme si celà ne suffisait pas, il dut endosser la responsabilité de sa famille déficiente. il la porta en s'oubiant lui-même.. jusqu'à la révolte. Mais sa vie lui avait déjà appris que sa propre valeur n'était rien, aussi, se mit-il à dépendre d'un regard, d'un amour, des autres pour se sentir exister... dépendre... c'etait bien celà ; et il allait lui falloir se dé-pendre de l'autre au fil de son chemin !

Il aidait aussi beaucoup et se mit également en dépendance de ce que celà lui procurait ; joie noble, élan sincère du coeur, mais aussi ascendance stimulante, sentiment de force et retour d'approbation tant désirée... Pendant ce temps il ne voyait pas qu'il ne s'aidait pas lui-même... Et comme la vie n'aime pas que l'on se trompe de motivation, elle lui fit payer tous les engagements où il se niait par de nombreux revers de fortune. Il semblerait en effet que si la vie aime que l'on aide pour la simple joie d'aider, elle nous abandonnerait, en apparence, dès lors que nous ne reconnaissons pas que le fond de notre intention puise dans le besoin de combler un vide cruel ou de se cacher quelque chose - son propre besoin d'aide souvent... non, ça, visiblement, elle n'a pas l'air d'aimer du tout...

Alors il partit.. il souffrit de partir seul, mais ses personnages partirent avec lui dans sa nouvelle vie. Il s'amusa, de défoula, apprit ceci ou celà... De cet univers imaginaire, il développa mille idées et sensations qui l'enrichissaient, mais limita de fait son expansion réelle..
Il avait le coeur d'un enfant et vivait cette époque où l'on croit que satisfaire ses désirs est accomplissement.

Il finit par entendre un refrain en lui : "Un mariage heureux est sûrement possible et je vais m'y employer de suite !". Mais il était trop jeune encore pour perçevoir les tenants et aboutissants d'une telle démarche...

D'espoir en echec, son image respectueuse des femmes fut décue et il se perdit quelque peu dans des approches stériles qui alimentèrent cette déception, le maintenant dans le cercle vicieux "amour/haine, espoir/désespoir, respect/irrespect, inconscience/gravité"... d'histoire en histoire il continua pourtant, fort de ses convictions et de son désir.... il persevera même dans le sacrifice de lui-même au "bénéfice" de ses projets réparateurs... Il pensait sincèrement que de s'investir dans une famille à lui le construirait.. il oubliait que pour construire quelque chose de solide il fallait d'abord être solide soi-même sinon comment résister aux fragilités cumulées de chacun ? Mais il y croyait tellement... il tenait bon, patientait, se perdait parfois, revenait.. une persévérance étonnante pour tenter de réaliser son voeu le plus cher... Qui n'a pas un jour souhaité réparer les injustices que la vie lui a fait subir ?? Qui n'a pas poursuivi de rêves inaccessibles pour le faire..
Mais parce qu'il faut se détacher du désir de réparation pour atteindre enfin ses aspirations profondes et personnelles, il y aura à remonter à la source de nos blessures.. Mais qui alors veut de son plein gré revivre ses douleurs jusqu'à leur moëlle pour y déposer enfin la graine d'un pardon libérateur ? Il n'y a souvent que le trop, la limite absolue qui y pousse. La seule et sincère volonté d'avancer n'y suffit pas toujours.. C'est en comprenznt ses propres errances que l'on peut commencer à comprendre celles des autres, celles de ceux
qui nous ont blessé..

Malgré la souffrance de son vécu, et pour y survivre, il finit paradoxalement par aimer le schéma dans lequel on l'avait enfermé ; il aima tout ce qui niait l'espression de la personnalité et ceux qui se sacrifiaient au service d'une "cause plus grande", une cause commune, nationnale, familiale, humaine, universelle... et admira ou prit plaisir à des métiers qui reflétaient celà. Il apprenait, mais continuait de s'oublier en chemin.. la vie tentait tout de même de lui prouver ce qu'il savait faire, ses grandes capacités, ses qualités.. mais il choisit malgré lui plutôt de croire qu'il valait peu et n'avait pas d'intérêt à se mettre en avant "personnellement". Il garda donc un long moment son savoir, sa sensibilité, ses talents et sa créativité pour lui.

En plus de ses personnages personnels, il prenait plaisir à s'inventer des rôles variés reflétant chacun un peu de lui-même mais les gardaient également le plus souvent pour lui... peu alors avaient accès à cette dimension. Il se protégeait..

Parfois son être réel montrait le bout de son nez et c'était alors un vrai délice pour ceux qui l'aimait ! Mais bien vite ses personnages, qui prenaient de plus en plus de pouvoir à son insu, le rattrapaient pour l'empécher de s'exposer de trop.. On y trouvait, par exemple, Caliméro, Cordier, Exterminator, Charles Ingals, le Magicien, l'Empereur de l'univers... et tous s'amusaient à se relayer pour donner le change et faire face aux situations de la vie parfois déstabilisantes.

Il oubliait encore souvent l'être humain qu'il était vraiment et ses richesses qui ne s'exprimaient qu'à travers le filtre de ses personnages qu'il fallait alors traduire.. Aussi, entre son enfance intérieure vivante et sa sagesse parfois rude d'adulte, il avait trouvé un compromis ; Peter Pan !! Cet éternel adolescent lui permettait avec bonheur les folies de la jeunesse cumulées à un savoir que l'on croit alors tout puissant! Celà lui permettait de faire de grands rêves, de plonger dans la richesse de son imaginaire fertile...Mais bien sûr celà entretenait également un tiraillement encombrant entre l'envie d'insouciance et celle de construire...

Le mélange de haine et d'amour pour sa famille le déchirait souvent, le blessait et le maintenait dans cette perpétuelle dualité d'une facette tantôt enfantine, tantôt sévère... déchiré par tant de paradoxes, il faisait des projets et visait alors trop petit
ou trop grand !

Entre sous-estimation et sur-estimation, frustration et idéalisation.. il cherchait son identité au milieu de ses identités factices, un équilibre qui tardait tellement à venir, qui lui était si nécessaire...

Il allait son chemin tant bien que mal, se cherchant encore et toujours...
Il était pourtant étonnament intelligent, extrèmement capable, tellement aimant... mais son entourage s'épuisait à atteindre sa vérité au-delà de ses masques protecteurs..

Bien sûr au début, il ne pouvait pas bien les voir car, à force, ceux-ci finissaient par faire partie intégrante de lui-même ...
Il ne savait pas alors la puissance manipulatrice de ses ombres..

Pourtant, au fond de lui et de ses errances, une force de vie grondait toujours.. il était comme un volcan endormi pret à s'éveiller, à rugir, à raser de son feu purificateur un passé gluant pour faire germer sur une terre nouvelle ses propres graines, son essence, sa réalisation divine....

Ce passé était omniprésent - son passé, le passé de l'humanité ; il en faisait un culte, à la recherche de repères manquants... Ce culte le nourrissait dans ses valeurs et révélait, derrière les masques, ses croyances profondes. Mais à tant le cultiver, il s'empéchait encore trop souvent de construire son présent.
Il passait du passé à l'avenir en ne trouvant pas dans le présent de résonnance profonde, en le laissant glisser sur lui, regrettant ci, projetant ça...
Il mit du temps avant d'utiliser ses passions pour créer sa vie..

Un jour pourtant vint où, las de ces détours, il prit enfin compte de lui-même, de sa valeur, de l'importance de sa dimension, de sa propre vie. Il eut envie de se réveiller et se réléver à lui-même enfin...
Ce fut un tournant majeur dans sa vie, une transformation bénéfique !

Il était encore fragile comme l'oisillon qui va pour son premier envol loin du nid, du cocon auquel il était habitué... il cherchait un soutien extérieur légitime, mais il avait au fond de lui la force et le pouvoir de le faire seul.. La vie, trop heureuse de le voir sortir de sa coquille, lui vint en aide... Il fallait quitter les ornières dans lesquelles il retombait sans cesse, et le premier pas franchi , il trouva sur son chemin ceux qui l'attendaient pour partager enfin La route avec lui !

Il lui fallait desserrer les griffes qui le retenaient encore à ses anciens repères, lâcher ses références caduques, déployer ses ailes...
Aussi, face aux vents et marrées contraires, il prit son élan, puisa dans la grandeur de son âme et l'authenticité de son coeur et...

Libre........
il lui appartient maintenant toute l'aventure de son envol..

 


Brève présentation type de quelques Personnages...


Caliméro, le mal-aimé
Le problème majeur du Caliméro est qu'étant tellement dans la crainte des coups, ceux-ci, adorant la chair fraîche des affaiblis,
se sentent invités... et arrivent !

Cordier, l' Eterminator juge et flic
Lui, c'est simple, il veut balayer la terre de ce qu'il estime ou juge, parfois à juste titre, être des parasites.
Etrangement, il oscille entre un grand sens du devoir et du respect des rêgles et une envie de réformer les choses en profondeur..
Il est comme coincé entre évolution nécessaire et répression "inévitable"..

Charles Ingals, le responsable de famille
Le coeur généreux, il donne et s'investit entièrement dans sa vie de famille et ses idéaux. Il s'y sacrifie aussi un peu mais il a lui aussi un tel sens du devoir qu'il n'y attachera que peu ( trop peu ) d'importance. Un peu d'orgueil le fait parfois réagir violemment aux évènements avant de se remettre en question pour finalement trouver l'équilibre et la justesse de toute situation critique.
Mais que serait Charles Ingals dans nos mémoires sans la "famille Ingals" à sas côtés ? Un être à part entière ?
Oui, bien sûr, s'il n'oublit pas cette dimension de lui-même.
Pour une observation de nos motivations, reprenons cette question fondamentale et pertinente :
Le désir d'une famille est-elle le but ou le chemin ?

Le Magicien-Empereur de l'univers, l'être puissant et extraodinaire
Quant à lui, il est handicapé par un fait simplissime mais dramatique : il n'existe pas !
Son hologramme psychique développe alors une grande frustration de ne pouvoir utiliser ses magnifiques idées dans sa vraie vie..
en même temps, comme il n'existe pas, il n'a pas non plus, finalement, de vraie vie à construire..

Peter Pan
Celui-ci semble être le personnage le plus réel de cette histoire à ce jour.
Il a les qualités et les défauts de l'adolescent, il est entre ses freins du passé et son désir d'aller de l'avant et d'y croire !
Il nous dérange, on l'aime et le déteste à la fois, il est toute haine et tout amour...
Il s'illusionne souvent sur ses désirs mais est capable d'une lucidité étonnante qui "scotcherait" plus d'un "adulte" sur place.
Parce que l'adolescent est loin d'être bête ; certes, il est à vif, ouvert, espérant, désespérant, voulant révolutionnner le monde mais ne sachant pas encore qu'il doit commencer par lui-même, il est rêveur, rebelle, vivant à côté de sa plaque mais VIVANT plus que la plupart des autres espèces de la terre... Aussi, il est une ESPERANCE en devenir....
Mais il doute trop encore de ses propres forces et subit encore nombres d'influences et dépendances dont il lui faudra se défaire pour ateindre sa réelle dimension d'être..


On pourrait décrire mille autres personnages qui parleraient de nos mille et unes facettes fictives ou réelles à tous...
Il me semble qu'il appartient à chacun de découvrir les siennes et de faire le choix de s'en libérer ou de les nourir selon ce qu'elles nous apportent, pourvu que ce soit en conscience..

A Cyrille, mi-loup, mi-aigle..


Solaime
Octobre 2004